Armée du Salut

La cuisine, une manière de s’insérer La Bretagne est traditionnellement une terre d’accueil. Aujourd’hui encore, dans le contexte de forte migration, un de ses départements, l’Ille-et- Vilaine est le troisième, après Paris et la Seine- Saint-Denis, à accueillir le plus de mineurs non accompagnés. L’établissement de l’Armée du Salut à Saint- Malo, « Les enfants de Rochebonne », participe activement à la prise en charge intégrale de 50 jeunes mineurs migrants. La confiance dans la Fondation de l’Armée du Salut Le Conseil départemental d’Ille-et-Vilaine s’intéresse de près à l’avenir de mineurs non accompagnés. Il reconnaît le savoir-faire des équipes des Enfants de Rochebonne en matière d’accompagnement de ces mineurs. C’est pourquoi, en complément de l’appel à projet remporté en 2018 par la Fondation, le Conseil départemental a permis d’accueillir de nouveaux jeunes dans différentes structures. C’est ainsi qu’il existe, aux côtés des lieux traditionnels de l’établissement, des accueils au sein d’un Foyer de Jeunes Travailleurs et de l’hébergement diffus à Sens-de-Bretagne et Saint-Georges-de- Reimtembault, deux communes distantes de Saint-Malo. Un accompagnement dans la durée Qu’ils soient mineurs non accompagnés ou enfants confiés par l’Aide Sociale à l’Enfance, les professionnels des Enfants de Rochebonne s’attachent à prendre en charge ces jeunes dans une dynamique de transversalité. Même si le Covid-19 empêche la rencontre d’enfants issus des différentes structures, les pratiques professionnelles sont unifiées. L’accompagnement psychologique demeure et ce, malgré la barrière de la langue. Au-delà de la présence de traducteurs, l’accompagnement passe aussi par l’image, la vidéo, le dessin, la photo... Toutes les méthodes qui permettent de prendre en compte la diversité culturelle sont bonnes pour aider ces jeunes à avancer dans la vie. Des enfants motivés Claire Oberthur, directrice des Enfants de Rochebonne, nous décrit ces enfants qui ont traversé les mers pour fuir la guerre comme particulièrement « débrouillards ». 14 ans, c’est l’âge moyen des 50 mineurs non accompagnés accueillis Un havre pour mineurs migrants SAINT-MALO dans les divers services de la Fondation à Saint-Malo. Ces enfants, malgré leur jeune âge et le traumatisme de fuite, de déracinement, sont particulièrement volontaires. Ils montrent une véritable détermination à s’insérer dans des parcours professionnels particulièrement difficiles, comme les métiers de bouche. C’est, pour eux, la meilleure manière de prendre leur place dans la société que de s’insérer par l’emploi. Pour autant, la vigilance des professionnels demeure, cette apparente maturité cache parfois des fragilités. En effet, ces enfants ont bien compris que c’est leur planche de salut. Ils restent malgré tout des enfants comme les autres et, par conséquent, leur épanouissement personnel est prioritaire. Preuve en est leur passion pour toutes les activités de leur âge, et notamment le foot. Pierre-Baptiste Cordier Simonneau Chargé d’édition © Romain Staropoli 7

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